Pour une TPE, le 1er septembre 2027 est l’échéance d’émission des factures électroniques pour les opérations concernées. La réception, elle, doit déjà être possible depuis le 1er septembre 2026. Attendre l’été 2027 pour découvrir les plateformes agréées reviendrait donc à laisser de côté une obligation déjà entrée en vigueur.[1]
Le choix du logiciel vient après trois questions simples : à qui facturez-vous, comment recevez-vous les factures de vos fournisseurs et quel outil votre comptable peut-il exploiter ? Un artisan travaillant pour des particuliers, un consultant facturant des sociétés et une boutique vendant aussi à l’étranger ne préparent pas exactement les mêmes flux.
Facturation électronique 2027 : le calendrier des TPE
Le calendrier officiel distingue la capacité à recevoir une facture et l’obligation d’en émettre. Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire ont basculé à l’émission en septembre 2026. Les PME et les microentreprises suivent en septembre 2027 pour les opérations entrant dans le dispositif.[1]
Obligation pour une TPE concernée | Échéance | Conséquence pratique |
|---|---|---|
Recevoir les factures électroniques des fournisseurs | Depuis le 1er septembre 2026 | Avoir choisi une plateforme de réception et organisé leur consultation. |
Émettre les factures électroniques relevant du B2B en France | 1er septembre 2027 | Préparer un outil relié au circuit réglementaire d’échange. |
Transmettre les données des opérations relevant de l’e-reporting | 1er septembre 2027 | Identifier les ventes et, lorsque nécessaire, les encaissements à transmettre. |
Le calendrier d’émission de septembre 2027 correspond au cas général des petites entreprises hors membres d’un assujetti unique, ou groupe TVA. Si votre entreprise appartient à un tel groupe, faites vérifier son échéance spécifique.[1]
L’absence actuelle de factures reçues sur une plateforme ne permet pas de conclure que votre entreprise est dispensée. Vos fournisseurs ne basculent pas tous au même moment. Vérifiez surtout que votre propre circuit de réception est prêt. Les dates ci-dessus correspondent au calendrier officiel consulté le 3 novembre 2026 ; elles ne doivent pas être confondues avec une date commerciale annoncée par un éditeur.[1]
Quelles TPE et quelles opérations sont concernées ?
Le critère déterminant n’est pas seulement la TVA affichée sur vos factures. Une microentreprise en franchise en base de TVA est aussi concernée par la réforme. Elle reste assujettie même lorsqu’elle ne collecte pas la taxe. Le statut d’auto-entrepreneur ne constitue donc pas, à lui seul, une dispense.[2]
Pour les opérations soumises à la TVA en France, entre deux entreprises établies en France et assujetties à cette taxe, la facture doit suivre le circuit de facturation électronique, appelé e-invoicing. Les ventes à des particuliers et certaines opérations internationales relèvent de la transmission de données, ou e-reporting. Ce second dispositif ne signifie pas que chaque particulier devra ouvrir une plateforme pour recevoir sa facture.[3]
Prenez l’exemple pédagogique d’un plombier qui intervient à la fois chez des particuliers et dans les locaux de sociétés françaises. Son activité peut relever des deux circuits. Il faut distinguer ses clients dans le logiciel plutôt que chercher un réglage unique applicable à toutes ses ventes.
Autre distinction : certaines opérations exonérées de TVA, visées par les articles 261 à 261 E du Code général des impôts et dispensées de facturation, sont exclues des obligations d’émission et de transmission correspondantes. Cela ne supprime pas automatiquement la réception des factures de fournisseurs en tant qu’acheteur professionnel. En cas d’activité mixte, faites préciser le traitement de chaque opération par votre expert-comptable ou votre service des impôts des entreprises.[4]
Un PDF envoyé par mail suffit-il ?
Un PDF ordinaire joint à un courriel ne suffit pas pour remplir l’obligation de facturation électronique. La réforme repose sur des données structurées et sur leur échange par l’intermédiaire d’une plateforme agréée. Photographier une facture papier ou exporter un document Word en PDF ne crée pas, à lui seul, ce circuit.[5]
Les formats du socle comprennent UBL, CII et Factur-X. Ce dernier associe une représentation PDF lisible et des données XML exploitables par les outils. Il serait donc inexact d’affirmer que tout PDF est interdit : c’est le contenu structuré, le format et la transmission qui comptent.[6]
Vous n’avez pas besoin d’apprendre à produire ces fichiers manuellement. Demandez à l’éditeur de montrer comment votre facture habituelle devient une facture conforme, puis comment elle parvient au client. Une démonstration doit suivre le document jusqu’à sa réception ; l’affichage d’un bouton « exporter » ne répond pas à toute la question.

Plateforme agréée ou logiciel compatible : que choisir ?
Une plateforme agréée, souvent abrégée PA et autrefois appelée PDP, assure les échanges réglementaires de factures et la transmission des données à l’administration. Une solution compatible peut rester votre interface de travail, mais elle doit être raccordée à une PA. Les deux termes ne désignent pas le même statut.[7]
Si votre outil actuel vous convient, commencez par interroger son éditeur : quelle plateforme utilise-t-il, quelles fonctions couvre la connexion et quelles actions restent à votre charge ? La DGFiP prévoit aussi la possibilité de saisir directement les factures dans une plateforme. La réforme n’impose donc pas systématiquement l’achat d’un nouveau logiciel distinct.[8]
Pour contrôler un opérateur, utilisez la liste publiée par la DGFiP. Sa page distingue les opérateurs ayant satisfait l’ensemble des conditions, tests d’interopérabilité compris, des dossiers encore en attente d’immatriculation définitive conditionnée à ces tests. Une candidature ou une promesse commerciale ne vaut pas le même statut.[9]
Vérifiez ensuite le rattachement de votre entreprise dans l’annuaire de la facturation électronique et l’adresse de réception retenue. Cette adresse de facturation ne se confond pas avec votre simple boîte mail. Faites confirmer par la plateforme que la désignation et le paramétrage sont effectivement terminés, puis convenez de la personne qui surveillera les factures reçues.[10]
Quels logiciels examiner pour une petite entreprise ?
Le bon outil dépend de votre manière de travailler. Un indépendant qui émet quelques factures, une entreprise avec plusieurs salariés et un commerce utilisant une caisse n’ont pas les mêmes besoins. Réduisez d’abord votre sélection aux solutions capables de traiter vos cas réels, puis comparez leur fonctionnement avec votre cabinet comptable.
Voici trois exemples à examiner. Les fonctions décrites sont celles annoncées par les éditeurs, consultées le 3 novembre 2026. Il ne s’agit ni d’un classement ni d’outils testés par Uminov. Dans la liste officielle consultée, TIIME PDP, PENNYLANE et SAGE figurent parmi les opérateurs satisfaisant les conditions, tests compris. Ce statut ne garantit pas que chaque formule commerciale répond à votre activité.[9]
Tiime : regarder le partage avec le cabinet comptable
Tiime présente une plateforme agréée, un outil de devis et de factures et des fonctions de collaboration avec l’expert-comptable. Pour comparer une offre, regardez surtout ce que votre cabinet utilisera effectivement et ce qui est inclus dans la formule retenue. Une fonction disponible dans l’écosystème n’est pas nécessairement comprise dans tous les abonnements.[11]
Pennylane : vérifier le parcours ventes et achats
Pennylane décrit l’émission et la réception de factures dans ses espaces ventes et achats, avec création de factures au format Factur-X. Demandez une démonstration complète sur votre organisation : qui prépare, qui valide, qui règle et comment le comptable récupère les informations. Vérifiez le traitement de vos cas particuliers au-delà du seul envoi d’une facture simple.[12]
Sage Active : distinguer l’offre de gestion de la plateforme Sage
Sage Active présente des fonctions de facturation et de comptabilité avec la plateforme agréée Sage intégrée. Le nom administratif à retrouver dans la liste est SAGE ; Sage Active est l’offre logicielle à examiner. Faites préciser les fonctionnalités, volumes et conditions compris dans la proposition qui vous est adressée.[13]
Votre logiciel métier peut aussi rester pertinent, notamment si vous gérez des interventions, des situations de travaux ou des références de stock. Ne remplacez pas un fonctionnement adapté uniquement pour retrouver le nom le plus visible. Obtenez une réponse écrite sur la connexion à la PA et sur la couverture de vos besoins.
Comment comparer le coût réel des solutions ?
Comparez le même périmètre : réception, émission, transmission des données, accès comptable et utilisateurs. Une offre annoncée gratuite peut couvrir votre besoin ; un abonnement peut inclure des fonctions dont vous vous servez quotidiennement. La bonne question est celle du coût de votre organisation complète, pas seulement du prix mis en avant sur la page d’accueil.
Demandez un chiffrage indiquant le prix HT ou TTC, la périodicité, la durée d’engagement et les conditions d’évolution. Faites préciser les éventuels frais de mise en route, de reprise des données, d’accompagnement ou de dépassement de volume. Ajoutez le temps nécessaire à la formation et à la double saisie si deux outils ne communiquent pas.
Un changement d’outil doit aussi préserver l’accès à vos documents. Interrogez le fournisseur sur les exports disponibles, les pièces récupérables et les modalités de conservation après résiliation. Un abonnement peu coûteux devient moins intéressant si les données doivent être ressaisies ou restent difficiles à récupérer. Demandez à voir un export avant de signer, plutôt que de vous contenter du mot « réversible » dans une présentation.
Quelles informations préparer sur vos factures ?
La qualité du fichier clients compte autant que le choix du logiciel. Préparez les identifiants des entreprises, leurs dénominations et leurs adresses. Faites distinguer clients professionnels français, particuliers et clients étrangers ; ne classez pas tous vos contacts dans une catégorie par défaut.
Quatre mentions supplémentaires accompagnent la réforme, selon le calendrier d’émission applicable à l’entreprise, donc à partir de septembre 2027 pour les PME et microentreprises concernées :[14]
le numéro SIREN du client professionnel ;
la nature de l’opération : livraison de biens, prestation de services ou combinaison des deux ;
l’adresse de livraison des biens lorsqu’elle diffère de l’adresse de facturation ;
la mention de l’option pour le paiement de la TVA d’après les débits, lorsque cette option existe.
Ces ajouts ne remplacent pas les autres mentions obligatoires de vos factures. Le logiciel doit conserver votre numérotation, vos conditions de règlement et les informations adaptées à votre régime. Demandez au comptable de contrôler le paramétrage fiscal, surtout si vous exercez plusieurs activités ou utilisez plusieurs taux.
Pour certaines prestations soumises à la TVA à l’encaissement, des données de paiement doivent également être transmises. Le traitement dépend notamment des règles d’exigibilité et de l’existence d’une option sur les débits. Ne confondez pas le statut d’une facture envoyée avec l’encaissement effectif de son règlement.[3]

Comment préparer le passage sans désorganiser l’activité ?
Commencez par la réception : retrouvez la plateforme désignée, contrôlez les accès et décidez qui traite une facture reçue. Une notification n’a d’intérêt que si quelqu’un vérifie le document, signale une anomalie et organise son règlement. Prévoyez également un accès de remplacement lorsqu’une seule personne s’occupe de l’administratif.
Pour l’émission de 2027, choisissez ensuite un petit ensemble de situations représentatives : un client professionnel français, un particulier si vous en avez, un acompte, un avoir et une opération internationale si elle existe dans votre activité. Faites-les reprendre dans une démonstration ou un environnement de test avec votre éditeur. Il n’est pas utile d’inventer des cas qui ne vous concernent pas.
Pour chaque essai, vérifiez les informations reprises, le destinataire, le statut de transmission et l’accès aux pièces. Avec votre comptable, identifiez ce qui alimente les données de transaction et, le cas échéant, de paiement. Une facture créée correctement mais adressée au mauvais client reste un problème, même dans un logiciel présenté comme conforme.
Avant de changer votre routine, clarifiez enfin les responsabilités : préparation, validation, correction, suivi des règlements et intervention en cas de blocage. Votre expert-comptable peut vous aider sur les obligations fiscales ; l’éditeur répond du fonctionnement annoncé de sa solution ; un prestataire informatique peut accompagner une connexion ou une reprise de données. Demandez à chacun ce que comprend sa mission.
La priorité est de rendre la réception opérationnelle dès maintenant, puis de préparer une émission fiable pour septembre 2027. Un logiciel choisi à partir de vos clients, de vos factures et de votre organisation sera plus utile qu’un abonnement souscrit uniquement pour respecter une date affichée.

