Une terrasse trop exposée aux regards, une fenêtre voisine face au jardin, une clôture que l’on aimerait végétaliser : le bon brise-vue dépend autant de l’endroit à cacher que de la plante. Voici 15 plantes à comparer, avec une vraie photo pour chacune, leurs conditions de culture et leurs limites.
Pour une haie colorée, le photinia mérite d’être regardé en premier. Pour un écran souple à mi-ombre, le Fargesia est une autre piste. Si la priorité est le froid, l’ombre ou un mur existant, le choix change. Le premier du classement n’est donc pas le meilleur dans tous les jardins.
Le top 15 en un coup d’œil
L’ordre privilégie l’intérêt comme écran, le feuillage hivernal, puis l’entretien et la place nécessaire. Les premiers choix répondent à des usages courants ; les suivants couvrent des situations plus particulières. Il s’agit d’un classement éditorial comparatif, sans notes de performance issues d’un essai sur le terrain.
Rang | Plante | Feuillage en hiver | À envisager pour | Point à anticiper |
|---|---|---|---|---|
1 | Persistant | Une haie décorative, avec de la place pour tailler | Volume et tailles régulières | |
2 | Persistant | Un écran végétal léger dans un sol restant frais | Arrosage et élargissement de la touffe | |
3 | Persistant | Une haie fleurie en situation assez douce et abritée | Vents froids et largeur adulte | |
4 | Marcescent, écran variable | Une haie taillée si le feuillage brun hivernal vous convient | Taille durable et occultation hivernale incomplète | |
5 | Persistant | Une haie arrondie que l’on laisse s’installer | Croissance lente et largeur | |
6 | Persistant | Un écran durable, avec du recul sur les passages | Installation lente et feuilles piquantes | |
7 | Persistant | Une haie formelle sur un terrain bien drainé | Croissance lente et forte toxicité | |
8 | Caduc à semi-persistant | Une haie entretenue si la densité hivernale peut varier | Feuillage hivernal et tailles répétées | |
9 | Persistant | Un écran vertical dans un emplacement chaud et abrité | Support et guidage indispensables | |
10 | Persistant | Un mur sain ou une structure solide dont on suit l’état | Vigueur et débordements à contrôler | |
11 | Persistant | Un jardin plutôt doux où son port peut s’épanouir | Encombrement et compatibilité du sol | |
12 | Persistant | Un écran méditerranéen avec un sol bien drainé | Démarrage lent et grand développement libre | |
13 | Persistant | Un écran fleuri dans une situation douce et protégée | Gabarit variable selon le cultivar et froid | |
14 | Marcescent en haie, écran variable | Une haie taillée dans un sol drainé et suffisamment frais | Sol humide en hiver et sécheresse estivale à étudier | |
15 | Caduc, écran limité en hiver | Un grand jardin où l’intimité compte surtout aux beaux jours | Largeur, rejets et perte des feuilles |
Comment lire les dimensions ? Les chiffres des fiches décrivent le développement adulte libre, sauf indication « sur support ». Ils ne correspondent pas à la hauteur d’une haie entretenue, ni à une croissance annuelle. Les cultivars et les conditions locales peuvent changer le résultat. Les repères RHS sont horticoles et britanniques ; ils ne garantissent pas une réussite partout en France.
Avant de commander, vérifiez le sol, l’exposition, la hauteur réellement nécessaire et l’espace pour l’entretien. Une plante qui dépasse durablement la place disponible devient une contrainte, même si elle masque bien les voisins. [16] [17]
1. Le photinia « Red Robin », pour une haie persistante et colorée
Photinia × fraseri ‘Red Robin’

Photinia « Red Robin » photographié en pépinière.
Photo : Homoarborea · [P1]
Hauteur libre : 4–8 m · Largeur libre : 2,5–4 m
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Persistant
Le photinia arrive en tête pour son association de feuillage permanent et de jeunes pousses rouges. Il convient à un jardin où l’on cherche un écran visible toute l’année, avec davantage de couleur qu’une haie uniformément verte. Les feuilles rougissent à leur apparition puis verdissent : la plante ne reste pas rouge en continu.
Installez-le dans un sol fertile, frais mais drainé, à l’abri des vents froids et desséchants. Sa place se prévoit dès le départ : « Red Robin » peut devenir un grand arbuste, et une haie compacte demande de la taille. Des taches foliaires sont également possibles. Il est intéressant si vous acceptez cet entretien ; beaucoup moins si vous voulez remplir une bande étroite sans jamais intervenir. [1]
2. Le Fargesia robusta, pour un écran souple en touffe
Fargesia robusta

Fargesia robusta « Pingwu » : un cultivar de l’espèce présentée. Son gabarit peut différer des repères de l’espèce.
Photo : Filostachys · [P2]
Hauteur libre : 2,5–4 m · Largeur libre : 1–1,5 m
Exposition : Mi-ombre, situation abritée · Feuillage : Persistant
Les cannes et les petites feuilles du Fargesia donnent un brise-vue moins rigide qu’une haie taillée. Cette espèce se développe en touffe, avec des rhizomes courts. Elle évite le comportement des bambous à longs rhizomes traçants, mais son pied continue à s’élargir : « non traçant » ne signifie pas « sans encombrement ».
Le point décisif est l’eau disponible. Un sol fertile, drainé et suffisamment frais, à mi-ombre, lui convient mieux qu’un emplacement brûlant et desséchant. Il peut être cultivé en contenant adapté, à condition de suivre l’arrosage. Retirez les cannes mortes ou abîmées si nécessaire. Avant l’achat, vérifiez le nom Fargesia robusta sur l’étiquette : les dimensions d’un autre bambou ne seront pas forcément comparables. [2]
3. Le laurier-tin, pour garder du feuillage et des fleurs en hiver
Viburnum tinus

Laurier-tin photographié au jardin botanique de Karlsruhe.
Photo : H. Zell · [P3]
Hauteur libre : 2,5–4 m · Largeur libre : 2,5–4 m
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Persistant
Le laurier-tin permet de construire un écran permanent qui fleurit pendant une partie de l’hiver et du printemps. Son feuillage sombre forme un fond intéressant près d’une terrasse. Il mérite particulièrement sa place dans une haie libre ou légèrement contenue, lorsque l’on dispose d’assez de largeur.
Son origine méditerranéenne invite à regarder le microclimat avant de planter. Dans un jardin froid et exposé, faites confirmer son adaptation ; protégez-le des vents desséchants. Le sol doit rester drainé et l’arrosage de reprise doit être suivi. Il supporte la taille, mais choisir une plante adaptée à la hauteur souhaitée évite de la réduire sans cesse. Ses fruits ne sont pas à consommer : le nom « laurier » ne doit pas être interprété comme une indication culinaire. [3]
4. Le charme commun, pour une charmille structurée en climat froid
Carpinus betulus

Charmille taillée, photographiée avec son feuillage de printemps.
Photo : AnRo0002 · [P4]
Hauteur libre : Plus de 12 m · Largeur libre : Plus de 8 m
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Marcescent, écran variable
Une charmille dessine une limite nette et peut former une haie très dense pendant la belle saison. Le charme supporte bien la taille et constitue une piste intéressante dans les jardins aux hivers froids, sur un sol adapté qui reste suffisamment frais. Il reste cependant un arbre que l’on conduit en haie.
Son feuillage est caduc, avec une marcescence : une partie des feuilles sèches peut rester sur les branches en hiver, notamment en haie entretenue. Le résultat dépend des conditions et ne garantit pas une occultation totale. Choisissez-le si cette présence brune vous plaît et si vous pouvez maintenir la taille. Pour masquer un vis-à-vis en vert toute l’année, un persistant du classement répondra mieux à votre priorité. [4]
5. L’osmanthe de Burkwood, pour un écran dense et parfumé
Osmanthus × burkwoodii

Jeune osmanthe de Burkwood en fleurs.
Photo : Wouter Hagens · [P5]
Hauteur libre : 2,5–4 m · Largeur libre : 2,5–4 m
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Persistant
Près d’un coin repas ou d’un passage, l’osmanthe apporte un intérêt que le seul pouvoir occultant ne résume pas : ses petites fleurs blanches printanières sont parfumées. Son feuillage persistant et son port arrondi permettent de composer un écran d’arbustes moins géométrique.
Il lui faut un sol bien drainé et une place correspondant à sa largeur future. Sa croissance lente demande de la patience : mieux vaut le choisir pour un aménagement durable que pour cacher immédiatement une fenêtre voisine. Une taille légère après la floraison peut suffire lorsque son volume naturel convient. Évitez de serrer les plants pour gagner artificiellement du temps ; prévoyez plutôt l’espacement en fonction des dimensions de la haie souhaitée. [5]
6. Le houx commun, pour une haie persistante qui prend son temps
Ilex aquifolium

Houx commun : port d’un sujet cultivé à Karlsruhe, en Allemagne.
Photo : H. Zell · [P6]
Hauteur libre : Plus de 12 m · Largeur libre : 4–8 m
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Persistant
Le houx conserve son feuillage et peut former une limite dense. Il est pertinent lorsque l’on préfère une installation progressive à une plante qu’il faudra contenir très souvent. Les jeunes sujets poussent lentement : le résultat se construit dans la durée.
Prévoyez un sol frais mais drainé et suffisamment de recul par rapport aux allées : les feuilles piquantes compliquent les passages étroits et l’entretien à mains nues. Le houx commun peut devenir un grand arbre sans conduite. Les baies ne sont pas comestibles, et tous les sujets n’en portent pas : elles apparaissent sur les plantes femelles lorsque la pollinisation le permet. L’intérêt comme brise-vue repose d’abord sur le feuillage, pas sur une fructification garantie. [6]
7. L’if commun, pour une haie précise, y compris à l’ombre
Taxus baccata

Haies d’if taillées dans le jardin du Pearse Museum, en Irlande.
Photo : Laurel Lodged · [P7]
Hauteur libre : Plus de 12 m · Largeur libre : Plus de 8 m
Exposition : Soleil, mi-ombre ou ombre · Feuillage : Persistant
Pour obtenir une silhouette régulière et un feuillage vert foncé, l’if est un candidat solide. Il tolère l’ombre et supporte la taille, avec une capacité de repousse sur le vieux bois. En haie formelle, une intervention annuelle peut maintenir sa forme. Son développement lent évite une course permanente à la hauteur, mais exige de patienter pour obtenir l’écran.
Sa toxicité est un vrai critère de choix. L’ingestion peut être mortelle pour les humains et les animaux. Écartez-le si un enfant ou un animal risque de mâcher la plante, et gardez les déchets de taille hors de leur portée. Son intérêt horticole ne justifie pas de minimiser cette limite. Il demande aussi un sol bien drainé : une terre durablement gorgée d’eau lui convient mal. [7] [20]
8. Le troène commun, pour une haie qui supporte la taille
Ligustrum vulgare

Troène commun photographié dans son milieu naturel.
Photo : Meneerke bloem · [P8]
Hauteur libre : 2,5–4 m · Largeur libre : 2,5–4 m
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Caduc à semi-persistant
Le troène se prête à une haie taillée et accepte plusieurs types de sols, à condition que l’eau s’évacue correctement. C’est une option à examiner pour tracer une limite végétale, lorsque l’on est prêt à suivre sa forme au fil des saisons.
Sa principale réserve tient au mot « semi-persistant » : il peut conserver beaucoup de feuilles en situation douce et se dégarnir davantage avec le froid. Vérifiez son comportement dans votre secteur si la vue doit être masquée en hiver. Une haie stricte demande des tailles répétées, qui réduisent aussi la floraison et la fructification. Les fruits et le feuillage ne sont pas destinés à l’ingestion. Avant achat, identifiez bien Ligustrum vulgare ; les propriétés des autres troènes ne sont pas identiques. [8]
9. Le jasmin étoilé, pour habiller un treillage près de la terrasse
Trachelospermum jasminoides

Jasmin étoilé en fleurs, photographié à Kula, à Hawaï.
Photo : Forest and Kim Starr · [P9]
Hauteur libre : Plus de 5 m sur support · Largeur libre : 4–8 m potentiels sur support
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Persistant
Quand le sol disponible est compté mais qu’un treillage peut être installé, le jasmin étoilé offre une autre manière de masquer la vue. Ses tiges s’enroulent autour d’une structure et portent des fleurs blanches parfumées. Son feuillage est persistant, avec des teintes bronze ou rouges possibles en hiver.
Il ne forme pas seul une haie autoportante. Prévoyez un support solide et guidez les tiges pour couvrir la zone réellement visible. Il préfère un emplacement chaud, abrité des vents froids, dans un sol fertile, drainé et suffisamment frais. L’installation peut être lente ; un jeune plant ne remplit pas immédiatement toute une palissade. En région froide, vérifiez l’adaptation locale. Portez des gants lors de la taille : sa sève peut irriter la peau. [9]
10. Le lierre grimpant, pour un écran persistant à l’ombre
Hedera helix

Lierre commun sur un mur au Portugal.
Photo : Jules Verne Times Two / julesvernex2.com · [P10]
Hauteur libre : 8–12 m, parfois davantage · Largeur libre : 2,5–4 m
Exposition : Ombre, mi-ombre ou soleil · Feuillage : Persistant
Le lierre mérite d’être considéré pour végétaliser une séparation ombragée. Son feuillage reste présent toute l’année et ses racines aériennes lui permettent de s’accrocher. Il peut couvrir une surface importante, ce qui explique à la fois son intérêt et son besoin de surveillance.
Avant de le planter, contrôlez l’état du mur ou de la clôture. Une maçonnerie dégradée ou des panneaux fragiles ne deviennent pas un support fiable parce qu’ils seront cachés. Contenez les débordements vers les ouvertures, les gouttières et les propriétés voisines. Le lierre peut s’insérer dans les fentes d’un panneau de bois et l’écarter en grossissant. Il est nocif en cas d’ingestion et son contact peut provoquer des réactions cutanées : prévoyez des gants pour l’entretien. [10]
11. L’arbousier, pour une haie libre avec de la place
Arbutus unedo

Arbousier : feuillage, port et intérêt décoratif.
Photo : Javier martin · [P11]
Hauteur libre : 4–8 m · Largeur libre : 4–8 m
Exposition : Soleil, à l’abri des vents froids · Feuillage : Persistant
Avec ses feuilles persistantes, ses fleurs et ses fruits décoratifs, l’arbousier trouve sa place dans un écran que l’on regarde autant qu’il protège des regards. Il fonctionne particulièrement bien dans une composition libre, où les arbustes peuvent garder une silhouette naturelle.
La largeur disponible décide de sa pertinence. L’espèce peut devenir volumineuse : elle convient mal à un couloir étroit que l’on souhaite maintenir par des coupes sévères. Réservez-lui un sol drainé et une situation ensoleillée, protégée des vents froids. Une taille légère suffit si son port est bien anticipé. Sur un terrain très calcaire, faites confirmer la compatibilité par une pépinière locale : les références horticoles ne donnent pas toutes la même appréciation du sol alcalin. [11]
12. La filaire à larges feuilles, pour un jardin sec ou côtier adapté
Phillyrea latifolia

Feuillage de la filaire à larges feuilles, près de la lagune d’Akyatan, en Turquie.
Photo : Zeynel Cebeci · [P12]
Hauteur libre : 4–8 m · Largeur libre : 4–8 m
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Persistant
Moins connue que le photinia, la filaire apporte un feuillage coriace et persistant. La SNHF souligne sa tolérance à la sécheresse et aux embruns. Elle constitue une piste intéressante pour un jardin sec ou côtier lorsque le climat local lui convient et que le sol est bien drainé.
Cette tolérance concerne une plante installée : les arrosages de reprise restent nécessaires. Sa croissance initiale est lente, et elle peut atteindre le gabarit d’un petit arbre sans conduite. Elle supporte la taille en haie, mais il faut prévoir son entretien et protéger les jeunes sujets des situations froides et desséchantes. Pour une terre très calcaire, demandez un avis local sur les plants proposés. Ses fruits ne sont pas à consommer. [12]
13. L’escallonia rouge, pour une haie fleurie en climat doux
Escallonia rubra

Escallonia rubra var. macrantha en haie, photographié sur l’île de Maui. Le gabarit d’une variété peut différer de celui de l’espèce.
Photo : Forest & Kim Starr · [P13]
Hauteur libre : 4–8 m pour l’espèce · Largeur libre : 4–8 m pour l’espèce
Exposition : Soleil de préférence · Feuillage : Persistant
L’escallonia associe des feuilles brillantes à une floraison rose à rouge. Il peut donner un écran moins austère qu’une haie uniquement feuillue, dans un emplacement ensoleillé, protégé des vents froids et secs.
Le nom inscrit sur l’étiquette compte beaucoup : l’espèce Escallonia rubra est un grand arbuste, tandis que certains cultivars vendus en jardinerie restent plus compacts. Choisir un petit cultivar en espérant masquer une fenêtre haute peut décevoir ; acheter l’espèce pour une bande étroite peut créer le problème inverse. Vérifiez la hauteur et la largeur du plant précis, son adaptation aux hivers locaux et le drainage du terrain. Des taches foliaires sont possibles. En port libre, les interventions peuvent rester légères si la place a été correctement prévue. [13]
14. Le hêtre commun, pour une haie au feuillage hivernal cuivré
Fagus sylvatica

Haie de hêtre commun avec son feuillage d’été, à Katowice.
Photo : Abraham · [P14]
Hauteur libre : Plus de 12 m · Largeur libre : Plus de 8 m
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Marcescent en haie, écran variable
Le hêtre peut former une haie dense, puis conserver une partie de ses feuilles sèches pendant l’hiver lorsqu’il est conduit et taillé. Ses teintes cuivrées donnent une séparation chaleureuse. Il a sa place si vous appréciez ce changement saisonnier et pouvez assurer la conduite de la haie.
Comme le charme, il reste un arbre de grand développement. Le choisir pour une haie suppose donc une taille régulière. Le feuillage hivernal n’est pas une garantie d’opacité. Le sol et l’eau disponible doivent guider la décision : recherchez un terrain bien drainé et évitez de l’installer par défaut dans une situation durablement engorgée ou très desséchante. Demandez conseil si vous hésitez entre hêtre et charme pour une terre lourde ; leur ressemblance visuelle ne rend pas leurs besoins interchangeables. [14]
15. Le noisetier commun, pour un écran saisonnier dans une haie libre
Corylus avellana

Port buissonnant d’un noisetier commun en été.
Photo : H. Zell · [P15]
Hauteur libre : 2–5 m usuels, parfois davantage · Largeur libre : Plusieurs mètres
Exposition : Soleil ou mi-ombre · Feuillage : Caduc, écran limité en hiver
Pour protéger un coin de jardin utilisé surtout au printemps et en été, le noisetier permet de composer un écran vivant au port libre. Son feuillage large remplit l’espace pendant la saison de végétation. Le MNHN décrit une hauteur usuelle de 2 à 5 m, mais la SNHF signale des sujets atteignant 8 à 10 m : ne le choisissez pas en supposant qu’il restera naturellement petit. Il est cohérent dans une haie mélangée où l’on peut lui laisser une véritable largeur.
Il perd ses feuilles en hiver. Son rang reflète cette limite pour un besoin de confidentialité permanent. Le pied produit aussi des tiges qu’il faut gérer selon la forme recherchée. Le noisetier ne convient donc pas à une terrasse étroite où chaque centimètre compte. Réservez-le à un sol adapté, frais et drainé, avec suffisamment de place pour intervenir. Il complète bien un projet de haie saisonnière ; pour masquer une fenêtre toute l’année, choisissez plutôt un persistant. [15]
Quelle plante choisir pour votre situation ?
Vous voulez de l’intimité même en hiver
Comparez d’abord les persistants, en fonction de votre terrain : photinia en situation abritée, osmanthe si vous pouvez patienter, houx lorsque son installation progressive et ses feuilles piquantes conviennent. L’if s’envisage seulement après avoir pris en compte sa toxicité. Une plante persistante garde des feuilles ; elle ne forme pas forcément un écran opaque dès la plantation.
Votre jardin est petit
Mesurez la largeur disponible et l’accès pour tailler. Un arbuste de plusieurs mètres de large ne devient pas naturellement étroit parce qu’il est vendu en petit pot. Sur un support adapté, jasmin étoilé ou lierre permettent de travailler en hauteur, avec un développement à guider ou à contenir. Le choix entre haie et grimpante mérite d’être fait avant l’achat. [16]
Vous avez un balcon ou une terrasse en bacs
Le Fargesia peut se cultiver en contenant adapté, mais l’eau disponible devient déterminante. Vérifiez aussi la place pour les racines et l’exposition au vent. Sur un balcon, faites confirmer la charge admissible avant d’installer de grands bacs remplis et arrosés ; respectez le règlement de copropriété pour les supports et les clôtures. Le gabarit de pleine terre ne prédit pas celui d’une plante en pot. [2]
Vous cherchez une haie libre et variée
Associer plusieurs espèces adaptées au même terrain peut étaler l’intérêt des fleurs et des feuillages. Le charme, le troène commun ou le noisetier peuvent entrer dans un projet saisonnier ; les persistants assurent une présence différente en hiver. Prévoyez de la profondeur pour chaque plante au lieu d’additionner des sujets trop serrés. Le CAUE recommande de choisir selon le climat, le sol et l’ensoleillement, et de diversifier les haies mélangées. [17]
Avant de planter : emplacement, reprise et entretien
Masquez la bonne ligne de vue
Regardez depuis le siège de la terrasse et depuis les fenêtres utilisées au quotidien. Une haie très haute en limite du terrain peut ne pas résoudre un vis-à-vis plongeant ; un écran placé ailleurs peut répondre au besoin avec moins de volume. Dessinez l’emplacement, la hauteur souhaitée et le passage nécessaire pour entretenir les deux faces. [16]
Adaptez l’espacement à la plante
Il n’existe pas une distance entre plants valable pour les quinze espèces. Le choix dépend du sujet vendu, de sa vigueur et du volume final recherché. Faites préciser l’espacement pour l’espèce ou le cultivar exact. Plantez dans une terre qui peut être travaillée, en évitant le sol gelé ou gorgé d’eau ; suivez les besoins en eau pendant la reprise, sans maintenir les racines dans l’eau stagnante. [18]
Prévoyez un calendrier d’entretien réaliste
Une haie formelle demande des interventions plus régulières qu’un écran libre bien dimensionné. Tenez compte de la floraison et de la présence d’oiseaux : évitez les travaux en période de nidification et ne dérangez pas un nid occupé. Les conseils de taille propres à une plante doivent être conciliés avec la protection de la faune et les règles locales. [22]
Pour cadrer les interventions à prévoir, vous pouvez consulter notre guide du jardinier à domicile. Si l’emplacement du brise-vue implique de revoir le jardin, notre article sur le plan de jardin par un paysagiste aide à comprendre ce que peut contenir cette étude.
À quelle distance planter par rapport au voisin ?
En France, commencez par vous renseigner en mairie sur les règles et usages locaux. En leur absence, Service Public indique une distance minimale à la limite séparative de 2 m pour une plantation dépassant 2 m de haut, et de 0,5 m si elle mesure 2 m ou moins. La distance se mesure à partir du milieu du tronc. Des situations particulières peuvent modifier l’application de ces règles : vérifiez votre cas avant de planter près d’une limite. [19]
Les questions à trancher avant l’achat
Quelle plante pousse le plus vite pour cacher les voisins ?
Il serait trompeur de promettre le même gain annuel dans tous les jardins. La taille du plant acheté, l’enracinement, le sol, l’eau et le climat changent le délai d’obtention d’un écran. Comparez aussi l’entretien futur : une croissance rapide peut obliger à tailler davantage. Si l’intimité est urgente, examinez une solution provisoire compatible avec le lieu pendant l’installation des végétaux. [16]
Peut-on avoir un brise-vue végétal sans entretien ?
Vous pouvez réduire les interventions en choisissant une plante dont le volume naturel convient à la place disponible. Un écran libre a néanmoins besoin d’un suivi de reprise et de contrôles ponctuels. Une haie que l’on veut maintenir à une hauteur ou à une largeur précise suppose une conduite dans la durée. [17]
Une haie brise-vue coupe-t-elle aussi le bruit ?
Ne confondez pas occultation et isolation acoustique. L’effet des plantes sur le bruit dépend notamment de leur volume et des fréquences ; il reste limité pour les sons graves de circulation. Une haie ordinaire ne garantit pas le résultat d’un écran acoustique continu. [21]
Le bon achat est celui que vous pourrez garder à sa place. Retenez deux ou trois plantes compatibles avec votre terrain, faites confirmer leur identité et leur gabarit par une pépinière locale, puis choisissez en fonction de l’hiver, de l’eau et du temps d’entretien que vous pouvez leur consacrer.



